Courrier envoyé à Martine AUBRY, Première secrétaire du Parti socialiste
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OBJET : démission de Bernard GRANIE (PS), président du SAN Ouest-Provence
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Madame la première secrétaire,
L'actualité médiatique vous a permis de faire la démonstration publique que le Parti socialiste n'entend pas rester inactif face à des propos qui, monsieur Georges FRECHE l'aura peut-être compris, heurtent la mémoire et la conscience de nombreux citoyens français, quelle que soit leur sensibilité politique.
C'est dans ce contexte que je souhaite attirer votre attention sur la situation de monsieur Bernard GRANIE, membre du parti socialiste, président du SAN Ouest-Provence, au regard du respect la loi et de l'application d'une décision de Justice.
Le 15 novembre 2009, Bernard GRANIE comparaissait devant le TGI d'Aix-en-Provence, et devait répondre de corruption passive et trafic d'influence commis par une personne exerçant une fonction publique et atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics.
Le 20 janvier 2010, il a été reconnu coupable et condamné en première instance à une peine de un an de prison ferme, 100 000 euros d'amende, 5 ans de suppression de son éligibilité (avec exécution provisoire) et 5 ans d'interdiction d'exercer une fonction publique (avec exécution provisoire).
Si Bernard GRANIE a annoncé par l'intermédiaire de son avocat qu'il faisait appel de cette décision, il a aussi avancé qu'il n'avait pas l'intention de démissionner de ses mandats électifs et fonctions publiques, malgré le caractère exécutoire des peines complémentaires prononcées.
Pour notre part, nous avons toujours refusé de nous servir de cette affaire dans une logique électoraliste, ce qui aurait pourtant été facile compte tenu des échéances régionales prochaines. Nous préférons penser que la lutte contre la corruption en général, et la restauration d'une certaine éthique publique, transcende largement les partis et doit tous nous rassembler.
Pour autant, nous ne pouvons accepter sans rien dire qu'un élu bafoue une décision de Justice, et use de manœuvres dilatoires pour tenter de gagner encore quelques semaines ou quelques mois, dans un bras de fer qui ne tient aucun compte de l'intérêt des populations.
Lors de son incarcération préventive entre janvier et mars 2007, Bernard GRANIE était déjà resté président en exercice du SAN Ouest-Provence, la législation actuelle ne permettant pas d'obtenir sa démission ou sa suspension d'office.
Aujourd'hui, la peine d'inéligibilité est exécutoire, et c'est pourquoi nous sollicitons de votre part une prise de position publique concernant la situation de cet élu, membre éminent du Parti socialiste et dont vous êtes la supérieure hiérarchique naturelle au sein de votre formation politique.
Respectueux de la présomption d'innocence et de la procédure d'appel en cours, nous ne souhaitons aucun lynchage médiatique, simplement le respect de la loi et de la population présente sur le territoire du SAN Ouest-Provence. Par ailleurs, nous avons demandé au préfet de saisir le tribunal administratif pour annuler toute délibération signée par Bernard GRANIE depuis le 20 janvier 2010.
Car la situation actuelle ne peut durer. Et si le maintien de Bernard GRANIE à la tête du SAN Ouest-Provence pose des questions juridiques, il implique aussi des prolongements politiques : nous n'imaginons pas le Parti socialiste rester silencieux sur un sujet qui interpelle aussi largement nos concitoyens.
Vous remerciant de l'attention que vous pourrez accorder à cette situation, et de votre réponse diligente, je vous prie d'agréer, madame la première secrétaire, l'expression de toute ma considération.
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Vincent GOYET, Commission Ethique UMP 13
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Copie :
● Eugène CASELLI, premier secrétaire départemental du PS
● presse locale et nationale






Il a fait appel, c'est suspensif. N'est-ce pas le raisonnement qui justifie le maintien au gouvernement d'un Ministre condamné pour injure raciale?
Rédigé par : Yohan | 08 juillet 2010 à 20:12
Quel ministre a fait 52 jours de prison préventive ?
Quel ministre a été condamné pour corruption, trahison suprême du peuple souverain ?
Aucun.
Bernard Granié, lui, oui. Derrière les barreaux, il était le président en exercice du SAN Ouest-Provence. C'est politiquement malsain. Le Parti socialiste semble très bien s'en accommoder, puisqu'il n'a pas levé un cil pour s'en démarquer.
Il y a des évidences qui ne semblent pas effleurer les défenseurs de Granié. La prison n'est pas une circonstance atténuante, figurez-vous.
Rédigé par : Droite-au-Coeur | 09 juillet 2010 à 11:27