Dans La Provence du 26 mars (page 2), le maire de Fos-sur-Mer René Raimondi fait, en des termes étonnants, allusion au projet d'incinérateur de la communauté urbaine de Marseille :
"après nous avoir imposé leur incinérateur sans jamais nous proposer de nous mettre autour d'une table..."
Pourtant, le 4 juin 1999, le maire de Fos-sur-Mer Bernard Granié (véritable maître à penser de René Raimondi, son adjoint depuis 1995), défendait publiquement dans La Provence la venue à Fos d'un vaste centre de retraitement des déchets de Marseille, et tenait des propos sans ambiguïté :
"La zone industrielle de Fos a beaucoup de place et elle est éloignée de la zone urbaine. On traite les produits bien plus dangereux. Pourquoi les ordures ne nous intéresseraient-elles pas ?"
Effectivement, en matière d'ordures, nous avons été servis. Dans la bouche de Granié, le recours à l'incinération paraissait alors évident, malgré des précautions oratoires qui n'auront trompé que les naïfs :
"Il est plus logique d'assurer toute la chaîne, on pourrait y envisager toute sorte de valorisation, le compost, la lyophilisation, le recyclage... L'incinération ne sera envisagée qu'en seul et dernier recours. A Fos, nous avons la capacité de le faire, de réaliser le vrai centre de traitement de demain, et de créer des emplois, en jouissant des réseaux de navigation, ferroviaire et routier déjà en place. [...] Une diabolisation puérile ne mènera à rien."
Aujourd'hui, le projet de la CUM de Marseille est parfaitement conforme à cette description puisqu'il comporte tri, recyclage, méthanisation, et enfin incinération de la part non recyclable et non fermentescible des déchets. René Raimondi a-t-il déjà oublié que c'est l'équipe municipale à laquelle il appartenait qui a tendu la main à Jean-Claude Gaudin sur ce dossier ?
La duplicité que nous avons dénoncée chez Bernard Granié se serait-elle propagée "miraculeusement" (une intercession papale, peut-être ?) à son éternel second René Raimondi ?
L'UMP locale a quant à elle toujours refusé l'installation à Fos du traitement des déchets de la CUM de Marseille :
- dès 1999, l'opposition de droite au conseil municipal de Fos-sur-Mer a dénoncé le projet de Bernard Granié ;
- en 2001, Bernard Granié est battu aux municipales par une coalition allant de la droite jusqu'aux communistes ;
- en 2002, la candidate UMP Arlette Fructus prend publiquement et officiellement position contre l'incinérateur à Fos ;
- depuis 2002, la représentation locale de l'UMP (Istres, Fos, Martigues, St Mitre, Port de Bouc) a toujours unanimement dénoncé et le choix du site, et le rôle joué par Bernard Granié et Jean-Noël Guérini dans le lancement de ce projet, et le revirement brutal de Granié et Guérini sur ce projet.
Il y a d'un côté ceux qui ont gardé une même ligne de conduite : l'UMP ; et il y a de l'autre ceux qui ont initié le projet de retraitement à Fos des déchets de Marseille, y compris par incinération : Bernard Granié et René Raimondi.
Ceux-là même qui tentent aujourd'hui d'arrêter la machine qu'ils ont eux-mêmes lancée, et dont ils se servent politiquement pour se poser en défenseurs de la population tout en espérant que leurs reniements passeront inaperçus.
René Raimondi, récent candidat PS aux élections législatives, en remplacement de Bernard Granié (mis en examen pour corruption et trafic d'influence), espère-t-il réellement sortir indemne de la situation lamentable dans laquelle il a conduit la ville de Fos-sur-Mer, sur les traces d'un prédécesseur dont il ne renie rien ?
Aujourd'hui, René Raimondi espère faire de ce sujet le thème de sa campagne aux législatives. Mais il semble avoir oublié que depuis le début, Bernard Granié et lui-même ont tout fait pour que Fos-sur-Mer devienne une véritable plaque tournante pour les ordures, et pour accueillir chaque année les 600 000 tonnes de déchets produits par la communauté urbaine de Marseille.
Les Fosséens sont-ils prêts à prendre le risque d'autres idées aussi grandioses pour le futur ?
Il est temps de tourner définitivement le dos à une certaine façon de faire de la politique.
Et peut-être pourrons-nous alors examiner la réalité du procédé industriel proposé, les alternatives immédiatement crédibles, et la mise en œuvre effective d'une sortie de crise respectant la santé et la sécurité de la population. Encore faut-il pour cela avoir des élus courageux, refusant les amalgames et les caricatures.
A Fos-sur-Mer, ce n'est pas le cas.






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